6 Juillet 2026
Thomas Mann naît le 6 juin 1875 à Lübeck, dans une famille bourgeoise aisée : son père est négociant et sénateur de la ville, sa mère d’origine brésilienne apporte une touche plus artistique et cosmopolite à son univers. Cette dualité entre rigueur bourgeoise et sensibilité artistique marquera profondément son œuvre. Après la mort de son père, Mann quitte Lübeck pour Munich, où il se consacre à l’écriture sans suivre de formation universitaire classique.
Lecteur passionné de Goethe, Schopenhauer, Nietzsche et Wagner, Thomas Mann puise dans la philosophie, la musique et la psychologie les fondements de son art romanesque. Très tôt, il s’impose avec Les Buddenbrook (1901), vaste fresque du déclin d’une famille de commerçants, qui lui apporte une célébrité immédiate et le prix Nobel de littérature en 1929.
Sa carrière se développe entre nouvelles, essais et grands romans, parmi lesquels La Mort à Venise (1912), La Montagne magique (1924) et Docteur Faustus (1947). Il y explore la maladie, le temps, l’art, la tentation du nihilisme et la crise morale de l’Europe.
D’abord conservateur, Thomas Mann évolue vers un humanisme engagé. Opposé au nazisme, il choisit l’exil dès 1933, vivant successivement en Suisse puis aux États-Unis, où il devient une voix majeure de la résistance intellectuelle allemande.
Sa vie privée est complexe. Marié à Katia Pringsheim, avec qui il aura six enfants, il connaît des attirances homosexuelles qu’il sublimera dans son œuvre, notamment dans La Mort à Venise. Ses journaux intimes, publiés après sa mort, éclairent cette tension entre discipline sociale et désir intérieur.
Thomas Mann meurt à Zurich le 12 août 1955. Il laisse une œuvre monumentale, lucide et ironique, qui interroge avec une profondeur inégalée la culture européenne, ses splendeurs et ses abîmes.