5 Août 2026
Yukio Mishima, de son vrai nom Kimitake Hiraoka, naît le 14 janvier 1925 à Tokyo, dans une famille issue de l’ancienne aristocratie samouraï. Élevé par une grand-mère autoritaire et maladive, il grandit dans un univers clos, imprégné de traditions, de rigueur et de fascination pour la mort. Élève brillant, il étudie dans les meilleures écoles de Tokyo, puis suit des études de droit à l’université impériale, avant d’entrer brièvement au ministère des Finances, qu’il quitte rapidement pour se consacrer à l’écriture.
Très jeune, il est marqué par la littérature classique japonaise, mais aussi par les auteurs européens comme Wilde, Rilke ou Nietzsche. La guerre, vécue à distance pour raisons de santé, le hante profondément et nourrit son sentiment de culpabilité et sa quête d’absolu. Son premier grand succès, Confession d’un masque (1949), révèle au public un écrivain audacieux, explorant l’identité, le désir, le corps et la dissimulation.
Mishima mène une carrière littéraire fulgurante : romans, nouvelles, pièces de théâtre nô et kabuki modernisées, essais politiques et esthétiques. Il est pressenti à plusieurs reprises pour le prix Nobel. Parallèlement, il façonne son corps par la musculation et les arts martiaux, cherchant à unir beauté physique et idéal moral. Marié en 1958, père de deux enfants, il protège jalousement sa vie privée, tout en laissant transparaître une profonde tension intérieure.
Nationaliste fervent, obsédé par l’honneur et la décadence du Japon moderne, il fonde une milice privée et tente, le 25 novembre 1970, un coup d’éclat politique. Ce jour-là, il se donne la mort par seppuku, scellant son existence comme une œuvre totale, où la littérature, la vie et la mort ne font plus qu’un.